Asperger et entreprise : Lorsque le milieu professionnel devient révélateur du syndrome

Alors que ce blog commence à avoir de plus en plus de contenu, et alors qu’une nouvelle rubrique a été lancée récemment, afin de centraliser les écrits plus centrés sur des réflexions personnelles, il est temps je pense de se pencher sur un sujet qui prendra très certainement de nombreux articles pour être traité correctement, à savoir cumuler et harmoniser Asperger et entreprise.

Vaste sujet que celui-ci, il y a évidemment beaucoup à dire, c’est pourquoi je prioriserai dans l’article d’aujourd’hui une question très simple, fondée sur une étude menée par la fondation Malakoff Médéric Handicap.

Cette étude stipule que 74% des personnes interrogées ont découvert porter le syndrome d’Asperger une fois seulement après leur intégration dans le monde du travail. Parmi ces 74%, 25% ont été diagnostiqués entre 30 et 39 ans, ce qui correspond à un diagnostic tardif. Je vous redirige sur la page des publications de cet organisme si vous souhaitez en savoir plus.

D’autres études suggèrent également des choses intéressantes, telles qu’un pourcentage de femmes de 44%, ce qui est assez éloigné des nombres que l’on entend d’ordinaire, lorsque certains affirment que les troubles du spectre autistique toucheraient quatre hommes pour une femme. Ici, la proportion semble bien plus homogène.

Asperger et entreprise, une question de fond à se poser

Pour en revenir au sujet initial, la question d’aujourd’hui sera simplement : Quels éléments peuvent déclencher une prise de conscience, ou en tout cas un besoin de consultation aboutissant à un diagnostic de syndrome d’Asperger, dans le milieu professionnel ?

Voyons ensemble quelques éléments de réponses possibles.

Comme je l’ai souvent précisé dans certains de mes articles précédents, notamment sur mon article traitant des troubles du spectre autistique, il existe autant de formes d’autisme que de personnes portant ces caractéristiques, je rappelle encore une fois qu’il s’agit d’un spectre. Les éléments que je vais soulever ici ne sont donc en rien exhaustifs.

Cependant, ils ont été souvent cités comme étant déclencheurs ou catalyseurs d’anxiété dans ce genre de situation, et peuvent ainsi être considérés comme des cas de figures pertinents, en tout cas dans leur fréquence.

On peut ainsi considérer trois éléments pouvant amener à ce genre de situation et prise de conscience.

Des difficultés dans les aspects sociaux du travail en entreprise

Sans surprise, on retrouve un réel obstacle dans les relations sociales également dans le monde du travail. Le travail en équipe, les réunions, l’aspect très aéré des open-spaces, et même parfois les règles de savoir-vivre en entreprise… Toutes ces choses, si elles peuvent encore être évitées lors des études scolaires, deviennent indispensables une fois dans le milieu professionnel. Malgré leur bonne volonté souvent sincère et conséquente, il est fréquent que ces soucis de communication deviennent un facteur d’anxiété important, pouvant amener à une consultation médicale.

Des difficultés sensorielles et perceptives

L’hypersensibilité fréquente présente chez des personnes avec un syndrome d’Asperger, qu’elle soit auditive, olfactive ou autre, est également un facteur aggravant dans un contexte professionnel. Les open-spaces devenant une norme d’environnement de travail de plus en plus présente, les bruits, les lumières vives, la proximité constante avec d’autres collègues sans réelle possibilité d’isolement sont autant d’éléments pouvant devenir insupportables pour ces personnes.

Des difficultés pour la gestion des imprévus

Même si certains le géreront légèrement mieux que d’autres, les imprévus restent très anxiogènes pour un Asperger, habitué à avoir une attitude basée sur la prévention et l’anticipation, parfois jusqu’à l’épuisement pour pouvoir palier à toute situation possible, et préférant donc évoluer dans un cadre très précis qui lui permette de mettre en place ces tactiques anticipatoires le plus sereinement possible.

Ces éléments combinés à d’autres plus spécifiques de chaque personne font que le milieu professionnel agit très souvent comme un révélateur d’un « problème » sous-jacent, et poussent donc la personne concernée à se renseigner, et potentiellement à consulter.

Asperger et entreprise : Que faire une fois le diagnostic posé ?

Une fois un diagnostic établi et validé, il est tout à fait envisageable de mettre en place, en accord bien entendu avec son employeur, des aménagements ou adaptations de poste afin que les conditions de travail soient optimales. Je reviendrai sur le sujet dans un futur article dédié.

En ce sens, je vous conseille sincèrement de parler de votre différence à vos responsables. Pour peu qu’ils soient dans une démarche d’écoute bienveillante, ils feront l’effort de concevoir vos besoins particuliers et vous aideront à mettre en place un environnement de travail qui vous convienne. De plus en plus d’entreprises disposent également d’un pôle de Mission Handicap, dédié à ce genre de demandes et d’aides.

Gardez bien en tête qu’il est également dans l’intérêt d’une entreprise d’engager et de maintenir dans l’emploi des personnes avec un profil atypique comme celui d’un Asperger, pas seulement pour les subventions que cela peut leur apporter, mais également parce que les personnes avec Asperger ont également des qualités spécifiques à leur condition, comme par exemple une endurance et une volonté de bien faire quasiment illimitées pour un intérêt restreint, voire même pour un simple sujet d’intérêt temporaire.

D’autres articles sur le sujet seront rédigés prochainement, je vous invite à rester à l’écoute afin de ne pas manquer leur sortie !

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2 commentaires sur “Asperger et entreprise : Lorsque le milieu professionnel devient révélateur du syndrome

  1. Madame-la-chiante-avec-les-mots vous signale qu’on parle plutôt d’hyperesthésie pour parler de perceptions sensorielles sur développées, le terme ” hypersensibilité ” étant plus couramment utilisé pour qualifier une perception accrue des émotions 😁

    1. Oui et non. Une hyperesthésie inclut une douleur lors d’un stimulus normalement indolore. Or, dans les cas de figure que je présente, plus qu’une véritable douleur à proprement parler, il s’agit surtout d’une gêne intense, ce qui explique que j’ai utilisé le terme d’hypersensibilité, ici dans un contexte sensoriel et non émotionnel. Je suis moi-même très chiant avec les mots cela étant 😀

      Cela dit, ce commentaire reste pertinent et permet de compléter le propos, car il existe en effet des cas de figure où ces perceptions sensorielles accrues finissent par être douloureuses pour certaines personnes.

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