Le haut potentiel intellectuel

Afin de conclure ces articles reprenant certaines bases, il est temps de parler maintenant du haut potentiel intellectuel, ou HPI, un concept que vous connaissez probablement, sans forcément savoir de quoi il s’agissait.

Lançons-nous dans le vif du sujet pour y voir un peu plus clair !

Le haut potentiel intellectuel, de quoi s’agit-il ?

Même s’il n’y a pas vraiment de définition clairement établie encore aujourd’hui, la majorité des psychiatres s’accorde sur le fait qu’une personne avec HPI correspond à une personne, enfant ou adulte, ayant des capacités intellectuelles nettement supérieures à la moyenne des capacités intellectuelles de personnes du même âge.

De nombreux synonymes utilisés au cours du temps

Cette définition assez parlante doit cependant vous rappeler d’autres termes utilisés pour désigner une chose similaire, non ? Qu’il s’agisse de “zèbre”, “précoce” ou encore “surdoué”, tous ces termes désignent la même chose. Un consensus a été néanmoins établi afin d’utiliser le terme HPI par la communauté des psychiatres. Les autres termes, sans être totalement oubliés, tombent un peu en désuétude.

Souvent, un HPI est décelé lors de l’enfance, l’enfant concerné possédant des aptitudes bien supérieures à celles des enfants de son âge. Pour autant, aucune étude actuelle n’a réussi à prouver l’origine d’un HPI, qu’elle soit génétique, environnementale ou innée.

De nombreux désaccords, mais un dépistage établi et utilisé

Si les psychiatres ne sont pas tous alignés sur une méthode globale pour le dépistage d’un HPI, il semblerait que tous s’entendent sur le fait qu’un HPI requiert d’avoir un score de 130 à un test de quotient intellectuel officiel.

Ne prenez donc pas en compte les innombrables pseudo-tests de Q.I disponibles partout sur Internet. Ils n’ont absolument aucune valeur dans cette mesure, qu’ils soient payants ou non.

Cela étant dit, certains psychiatres vont également avoir tendance à “assouplir” la définition, abaissant le score de 130 à 120 par exemple, voire même ne prenant pas du tout en compte le Q.I mais se basant sur des résultats scolaires, professionnels ou une créativité très prononcée.

Vous le voyez, cela reste encore assez flou et dépendant du soignant.

Les forces et les faiblesses d’une personne avec un haut potentiel intellectuel

Penchons-nous maintenant sur les qualités et défauts qu’implique un HPI. Car, encore une fois, qu’il s’agisse d’un TSA, d’un Asperger, d’un HPI, ou de plusieurs de ces choses à la fois, les personnes qui en sont porteuses restent des êtres humains, avec leurs avantages et leurs inconvénients. Personne n’est parfait, après tout.

Afin de simplifier et de ne pas simplement faire une bête liste, je vais parler selon moi des trois principales qualités et défauts d’un HPI. Bien entendu, ces points seront légèrement subjectifs et correspondront à ce que j’aurais répondu si l’on me posait la question, mais je vais m’efforcer d’argumenter un minimum sur chaque point choisi.

Les trois forces primordiales d’une personne avec un haut potentiel intellectuel

Une curiosité insatiable et une constante envie d’apprendre

Certains pourraient trouver ça barbant et voir en cela un comportement de rat de bibliothèque, mais je pense que cela amène également à un autre point qui est une ouverture d’esprit assez importante, dans la mesure où tout sujet est potentiellement intéressant aux yeux d’une personne avec HPI.

Pour ma part, et dès lors que les informations que je lis et intègre sont pertinentes, bien argumentées et bien renseignées, je peux passer des heures à me plonger dans un sujet que je ne connaissais pas au moment où je m’y suis intéressé.

Une capacité à faire plusieurs choses en même temps sans effort particulier

Les “choses” ici varient bien entendu en fonction de l’individu, mais il m’arrive très souvent pour ma part de réaliser trois choses en même temps sans vraiment me fatiguer, comme écrire cet article en discutant avec une personne de mon entourage et en faisant la cuisine. Je dirais qu’il s’agit plus d’une histoire d’organisation qu’autre chose, mais cela parait assez naturel à mes yeux.

Une pensée “en arborescence” facilitée

Cela reprend légèrement le même concept que précédemment, mais ici dans un contexte plus cognitif. Penser à quelque chose amène une multitude de pensées ayant toutes un point commun entre elles, ce qui me permet souvent d’avoir plusieurs solutions à un problème en l’espace de très peu de temps. Sur ce point, tout le monde en est capable selon moi, mais c’est presque instantané et automatique pour un HPI.

Les trois faiblesses primordiales d’une personne avec un haut potentiel intellectuel

Un manque d’estime de soi et une peur de soi-même souvent présents

Bien que ce ne soit pas le cas systématiquement, il arrive souvent que ce genre de situations pèse sur la vie d’une personne avec HPI. Après tout, les personnes concernées se rendent souvent compte qu’elles ne sont pas tout à fait “normales”, qu’elles ont des difficultés à vraiment comprendre et se faire comprendre des autres, ce qui peut conduire à une ostracisation. Si un HPI est couplé à un Asperger ou à un autisme de haut niveau, les conséquences peuvent être encore plus prononcées, pouvant amener à un isolement complet de la part des autres.

Un perfectionnisme très poussé, presque malsain pour soi-même

Il est très fréquent qu’une personne avec HPI ne supporte pas l’échec, et s’impose donc des critères personnels très élevés dans quasiment toute chose, même dans des étapes classiques de la vie quotidienne. On retrouve très souvent le concept du “je devrais” constant, et les choses réalisées ne sont pas prises en compte comme un accomplissement, mais comme une normalité à poursuivre à tout prix.

Une forte tendance à somatiser face aux imprévus et aux difficultés

Le stress et l’anxiété ne sont pas nécessairement perçus comme tels, moralement parlant, et auront tendance à se répercuter de façon physique. Je ne me sens jamais vraiment stressé lorsque j’y pense, mais il est très fréquent que ce soit mon corps qui me le fasse comprendre, qu’il s’agisse d’éruptions cutanées, de troubles digestifs… Des petites douceurs qui ne sont pas toujours très agréables, donc le corps seul a le secret.

Voilà qui conclut ce dernier article récapitulatif, les prochains articles seront désormais plus dédiés à des situations particulières ou à des questions que vous pourriez éventuellement vous poser. N’hésitez pas à me faire part de vos questions et/ou critiques dans les commentaires et à faire suivre cet article !

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4 commentaires sur “Le haut potentiel intellectuel

  1. Tout ce que tu exposes ici me semble très vrai et pertinent. Merci pour la clarté de ton propos!
    Si je puis me permettre, j’ajouterais juste qu’un des défaut/qualité majeurs des HPI est également leur hyper sensibilité, qui est très peu prise en compte dans les tests de dépistage. On parle parfois de Q.E. (quotient émotionnel) mais cela est difficile à évaluer. Il faut comprendre que cette hyper sensibilité est à la fois comparable à un don (empathie, capacité à comprendre l’autre, à l’écouter, à identifier rapidement les tensions, les enjeux de communication au sein du groupe, etc.) mais parfois aussi d’une malédiction (souffrance, chocs émotionnels très violents, sentiment d’être agressé en permanence, accumulation de blessures émotionnelles qui finissent par broyer l’image de soi…). Il est ABSOLUMENT nécessaire de prendre en compte cette dimension du syndrôme, même si, couplée à un asperger, elle est sans doute atténuée. Ce pourquoi tu n’en as pas parlé? 😉

    1. Tout à fait, l’hypersensibilité est effectivement une donnée très pertinente dans le cadre d’un HPI, car elle est en effet souvent présente, notamment comme tu le précises ici dans le cadre d’une hypersensibilité émotionnelle. Il est effectivement très difficile de la quantifier ou simplement de l’évaluer qualitativement, ce qui fait que l’intelligence émotionnelle est souvent boudée au profit de l’intelligence logique et conceptuelle, plus facilement normalisée.

      Il y a certaines raisons néanmoins qui ont fait que je n’ai pas parlé de cette hypersensibilité : comme je l’avais précisé, je n’ai relevé que les points les plus pertinents selon mon point de vue, mon analyse était donc partiellement subjective, et effectivement, même si mon HPI est couplé à un Asperger et que mes émotions restent très souvent un mystère (ainsi que celles des autres parfois), je dirais que la combinaison de ces deux différences atténuent peut-être ce fait.
      De plus, si je souffre effectivement d’hypersensibilités, elles sont plutôt exacerbées au niveau sensoriel, la lumière du soleil (même en hiver et par temps nuageux) qui m’aveugle, les odeurs même mesurées qui m’emplissent les narines, les bruits trop présents qui finissent par me donner des maux de crâne, etc.

      Mais la précision que tu as faite est extrêmement pertinente et mérite d’être soulignée bien évidemment 🙂

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